Le Bwining : Nouvel art de vivre ?  

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Le Bwining

Vers une nouvelle relation au Temps

Le Bwining ou Bouining en français est une activité apparue à la défense dans les Hauts-de-Seine au printemps 2017 pour adoucir la chute du capitalisme. Inventé par Gérard Talman, un ancien haut cadre bancaire, après une expérience de mort imminente suite à un burn out en plein vol, cette activité vise à ralentir l’activité neuronale des cadres supérieurs. (source wikipédia) 

 

Le bwining

 

Historique 

Le premier club de bwinning ouvre le 22 avril 2017 et compte une centaine de membres seulement quelques semaines après sa création. Gérard Talman assure seul le pilotage des opérations, en veillant à limiter son temps de travail à 15 heures par semaine pour éviter toute rechute. Il s’associe très vite à d’ex-collègues démissionnaires pour faire face au succès de son club. 

La première activité du club de Bwining de la Défense est connue sous le nom de ramassage de fagots. Les participants devaient ramasser des fagots dans un jardin partagé en étant les moins efficaces possibles. Cette activité visait à affranchir les cadres de leur addiction à l’optimisation. Au début, les participants font face à des difficultés majeures. L’intégralité des morceaux de bois du jardin est ramassée en 1 heure et certains participants ne peuvent s’empêcher de concevoir des logiciels d’optimisation du ramassage pour leur prochaine activité. Gérard Talman est intransigeant. Il exige aux participants de défaire le tas de bois et de recommencer en essayant de mettre au minimum 2 heures pour la même opération. Echec, les participants s’engrainent. Au bout de quelques minutes, ils se mettent à courir et à chercher les morceaux de bois frénétiquement. 1h07, les tas de fagot sont bien rangés et ordonnés. 

 

La Bwin d’or, trophée éphémère

Gérard Talman ne lâche rien. Il insiste. 1h30 sera son dernier mot pour cette première séance de bwining. Enfin, un participant comprend la logique du Bwinning. Il se met à défaire le tas de bois que ses camarades construisent à la vitesse grand v. Il cache des morceaux. Il flâne. Se met en travers du chemin. Entame la conversation. Grâce à lui l’objectif est atteint. 1H31. Les autres participants menacent de le fouetter à coups de bâtons ou de l’exclure du club et ils ont du mal à comprendre quand Gérard Talman en dresse un portrait élogieux et lui remet la bwin d’or. (Gérard Talman abandonnera peu à peu cette remise de prix qui avait le tort de maintenir l’esprit de compétition quoique ce fût pour décerner un prix au plus lent.) Le bwining doit marquer l’affranchissement de l’homme de l’esprit de compétition. 

Hymne du bwining : « un petit chemin qui sent la noisette » de Jean Nohain. La chanson a été retenue par Serge Dassault, créateur du deuxième club de Bwining à Corbeil Essonne. 

 

Serge Dassault un ambassadeur méconnu du Bwining

Serge Dassault expérimenta une rémission fulgurante. L’ancien patron de Dassault Aviation, fut frappé par l’intervention archangélique de Sandalphon, alors qu’il accomplissait son golf hebdomadaire sur son green privé à Dourdan (Essonne). Un club de méditation chamanique s’était réuni sur le terrain de golf la nuit passée et avait ouvert un portail de lumière. Le lendemain quand Serge Dassault se présenta, à 8h30 précise, il était bien décidé à faire ses 18 trous à la vitesse du rafale. Mais sa première balle se perdit dans le petit bois. Il tint à aller la ramasser lui-même car il avait beau être milliardaire, il détestait gâcher les balles. 

Il traversa les bosquets et fut soudainement souffler par une immense vague d’énergie d’amour qui le terrassa. Son serviteur Philippe Gilgamouche vint à son secours, tenta de le réanimer. Serge, Serge, réveille toi, où le chasseur te tuera, c’était une chanson que Serge aimait beaucoup, mais rien n’y fit. Serge Dassault était hs. 

 

Le bwining

 

Le grand réveil

Il ne reprit ses esprits qu’une semaine plus tard dans sa clinique privée ultrasecrète de La Roche-sur-Yon en Lozère. A son réveil, tous ses héritiers étaient à son chevet. Ils ne s’attendaient plus à ce qu’il ouvrît les yeux et attendait, non sans impatience, qu’il expirât son dernier souffle. Mais il n’en fut rien. Serge se dressa sur son céans comme un elfe acrobate et éclata de rire. Ca ne lui était pas arrivé depuis le 7 novembre 1981, Philippe Gilgamouche l’avait consigné sur le carnet à émotions que Serge lui avait demandé de tenir depuis qu’il travaillait à son service. Il prononça des mots que ses proches ne comprirent pas. « Vous allez liquider l’entreprise et nous allons demander pardon pour les immenses dommages que nous avons causés à la terre et à l’humanité. L’heure est venue d’œuvrer pour la paix. Cessons immédiatement le carnage. Nous avons déjà suffisamment fait de mal comme ça. Nous allons repartir à Zéro. Je vais détruire l’ensemble de nos actifs et faire fuir toutes nos liquidités vers la mer. Chacun d’entre vous aura 100 000€ pour repartir dans la vie, c’est déjà largement assez. Et moi je monte un club de bwining et je vivrai de ça ».

 

– Mais Serge, pourquoi ? Emmanuel Macron va être élu. Tous nos soucis vont s’envoler.

– J’ai dit et ainsi il sera fait. Je suis le pain, la vérité et la vie. 

 

Ce fut la stupeur. Ce fut la tempête. Ses petits fils voulurent l’interner en hôpital psychiatrique pour démence sénile. Mais Philippe Gilgamouche qui était un homme fidèle et ex champion d’Ille-et-Vilaine de Kung fu kara kwendo scrabble ascensionnel (art martial qui mariait l’art du kung fu, du karaté du tai Kwen do, du scrabble et du parachute ascensionnel) les dissuada de toute velléité d’un simple coup de pied sauté retourné à triple percussion qui faillit bien éborgner par erreur la nouvelle femme de Serge, Cynthia Gouin, qui hurla de frayeur et de joie, car sous son apparence ultra matérialiste, se cachait une femme au grand cœur qui venait par ses mots de retrouver sa liberté d’antan. 

 

Vers un nouvel ordre mondial

Ainsi démarra le deuxième club de Bwining. Serge d’Assault se spécialisa dans l’art du bwining culinaire. Il s’agissait de préparer des repas dans un temps exceptionnellement long. Il proposait notamment le riz blanc nature qui connut un grand succès. Les participants devaient mettre le riz grain par grain dans la casserole et le faire cuire à ultra basse température (22°c). Un homme mis 72h pour parvenir à faire cuire son riz. Il détint le record qui n’en était pas car la notion de record avait été abolie. 

 

riz

 

Une fois qu’ils excellaient dans l’art du bwining, les femmes et les hommes pouvaient reprendre une activité. On les invitait alors à inventer leur voie personnelle et singulière de mener à bien leurs activités, leur juste rapport au temps, respectueux de leur corps, de leur rythme interne, des autres et de la nature. Et bien sûr cela donna lieu à une reconfiguration totale du paysage économique mondial. La majorité des humains choisirent de changer d’activité, de privilégier la multi activité, Les humains travaillaient moins, plus doucement, mais beaucoup mieux. Comme une rivière qui coule paisiblement, ils faisaient corps avec leur travail, chaque geste comptait, chaque geste pesait, chaque geste générait sa puissance et son plaisir. 

Michaël Benoit Delfini

 

Plus d’informations rétro-futuristes sur :

 

 

 

 

 

 

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2 commentaires

Mébul 18 février 2020 - 18 h 10 min

Incrédule je fus au début, cherchant tous azimuts sur Google… Excellent !

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Bouchine 18 mars 2020 - 19 h 08 min

Top!

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